IAIDO



 Le Iaïdo : Qu'est-ce que c'est?

Le Iaïdo, littéralement « la voie (do) de l’unité de l’être », est un art martial japonais consistant à dégainer son sabre et couper dans le même mouvement afin de mettre fin à l'agression d'un ou plusieurs adversaires.


La pratique du Iaïdo s’organise en cinq temps fondamentaux: 


    dégainer (nuki uchi)

    armer (furi kaburi)

    couper (kiri)

    égoutter (chiburi)

    rengainer (noto)


Le tout formant des scénarios plus ou moins complexes, les katas, échos de combats réels mais anciens, puisque les plus anciennes écoles de sabre datent du XIVᶱ siècle.


 

Origine

L'origine de ce qu'on appelle aujourd'hui le IAI-DO est indissociable de l'histoire du ken-jitsu qui se pratique une fois le sabre sorti du fourreau.

L'histoire de la voie du sabre est celle de la classe guerrière du Japon, et des samouraïs. Au cours du temps, et très rapidement, le katana devint une arme noble. Symbole même de la puissance et des plus hautes vertus humaines. Posséder un sabre était un privilège héréditaire. Le sabre était vu comme l'âme même du samouraï qui se considérait comme déshonoré s'il en était privé.

Bien que vivant constamment avec son sabre, le bushi devait être capable de répondre à toute agression, peu importe la situation (repas, dans le noir, escalier, à genoux, etc.) avec autant de vitesse et de fluidité. L'efficacité et la survie des samouraïs dépendaient d'un inlassable entraînement pour que jaillisse, le cas échéant, d'une parfaite union corps et esprit, le geste parfait et salvateur. 

Lorsque le katana d'un samouraï jaillissait de son fourreau pour trancher en un éclair d'acier, c'est toute son énergie, son âme qui étaient concentrées sur le fil du tranchant de la lame. Le temps d'application de la technique et de l'esprit du iaï est précis et court.


 

De nos jours….

A la différence du Kendo qui a évolué vers le sport, il n'y a pas en Iaïdo d'adversaire auquel on fait physiquement face. Tout se passe dans l'intention et la concentration, puis dans l'explosion du geste qui se porte, pour le spectateur, dans le vide. Mais en réalité celui qui exécute le geste, le vit d'une manière très intense et le fait que l'adversaire ne lui soit pas réellement opposé n'enlève rien à sa véracité, ni à son efficacité.

Au premier degré, on peut juger de l’inutilité de cette pratique, on ne vit plus un sabre à la ceinture. Pourtant les retombées sont en réalité innombrables sur, tout simplement, la manière d'être au quotidien, avec vigilance et spontanéité afin d’aboutir au geste juste.

 

Comment ça se pratique?

Dans les faits, l’apprentissage commence par le travail des kihons de base puis l’étude de la Zen Nihon Kendo Renmei Seitei Iaido (全 日本 剣道 連盟 制定 居合道) qui est le standard codifié par AJKF/ZNKR dans un souci d’uniformité durant les compétitions et passages de grades.


Liste des 12 katas Seitei Iai (En vidéo plus haut, par Kusama senseï 8ᶱ Dan Hanshi) :


  Seiza no bu - Série assise:

  1 Mae  前  Devant 

  2 Ushiro  後ろ  Derrière 

  3 Uke nagashi 受け流し Recevoir, parer et couper 

  Tate iza no bu - Série genou levé:

  4 Tsuka ate 柄 当て Frappe avec la poignée

  Tachi Iai no bu - Série debout:

  5 Kesa giri 袈裟 切り Coupe diagonale 

  6 Morote tsuki 諸手 突き Pique à deux mains 

  7 Sanpo giri 三方 切り Coupes dans 3 directions 

  8 Gan men ate 顔 面 当て Frappe au visage  

  9 Soete tsuki 添え手 突き Pique mains jointes 

  10 Shiho giri 四方 切り Coupes dans 4 directions 

  11 Soo giri 総 切り Coupe complète 

  12 Nuki uchi 抜き 打ち Attaque soudaine  

 

Puis vient l’apprentissage des l’écoles anciennes (koryu), demandant beaucoup d’investissement, du fait du grand nombres de katas et des difficultés accrues.

 

Nous pratiquons la koryu Shinkage Ryu Iaï, par son représentant Matsuoka Yoshitaka (vidéo de gauche) et son élève Kinomoto Miyuki (vidéo de droite).

Matsuoka Yoshitaka senseï

Il commence le Kendo à l'âge de 13 ans, il est 7ᶱ Dan.

Il commence le Iaïdo à l'âge de 29 ans, il est 8ᶱ Dan.


Il a reçu son enseignement de Akita senseï et Kojima senseï.

Il a fini deuxième au prestigieux Hakone taïkaï, réservé aux 8ᶱ Dan.

Kinomoto Miyuki senseï

Elle commence le Kendo à l'âge de 16 ans, elle est 6ᶱ Dan.

Elle commence le Iaïdo à l'âge de 19 ans, elle est  8ᶱ Dan.


Elle  a reçu son enseignement de Matsuoka senseï et de Ishido senseï.

Elle est la plus jeune femme au Japon à obtenir le  8ᶱ Dan, à l'âge de 55 ans.

Shinkage-Ryu Iaï

L'histoire de cette école de iaïdo commence vers 1508 avec Kamiizumi Ise no Kami. Shinkage-ryu est en faite une fusion de plusieurs arts martiaux traditionnels, comme Shinkage-ryu Batto Seiho, Seigo-ryu Iaï, Sekiguchi Iaï et Rikishin-ryu Iaï. Tous ces styles furent absorbés par la famille Yagyu, et ce n'est qu'en 1936 que le soke de l'école, Yagyu Gencho, autorise Kashima Kiyotaka à enseigner en dehors de la branche officielle Yagyu.


Aux alentours de 1945, bon nombre de noms étaient utilisés pour décrire ce style de iaï, comme Yagyu-ryu iaï, Shinkage-ryu Heiho Iaï, ou Yagyu Seigo-ryu Iaï. Cependant, en 1955, et dans un soucis d'unité, le nom Shinkage-ryu Iaï fut décidé.


On compte environ 35 katas dans l'école, avec une particularité : il n'y a pas d'ordre défini dans les katas et certaines formes peuvent se combiner pour former d'autres katas. 


Kashima senseï eut comme élève Akita Moriji senseï qui forma à son tour Matsuoka senseï.


C'est en 1995 que Patrick DUPIN fait la rencontre de Matsuoka et de Kinomoto senseï. En 2000, il importe l'école en France, puis en Europe. En tant que Responsable Européen, il est le lien qui unit les élèves aux senseïs japonais.

Le Katana

 

Le sabre : une arme, un trésor.

Tout l’interêt du Iaïdo, réside dans l’utilisation de cette arme mythique qu’est le katana. Un concentré de savoir-faire et de maîtrise de la part des forgerons, qui ont su allier efficacité et beauté comme jamais dans l’Histoire.

Bien entendu le néophyte commencera sa pratique avec un sabre en bois et un fourreau en plastique afin de ne pas se blesser. Il passera ensuite au iaïto, réplique d’un vrai sabre sans son tranchant mortel. Ce n’est qu’à partir du 5ᶱ Dan que le pratiquant doit obligatoirement utiliser un shinken (nouveau sabre) pour la pratique. Certains passionnés peuvent dépenser plus de 50 000 € afin d’obtenir des lames de forgerons reconnus trésors nationaux vivants.